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[Environnement] Un peu d'histoire...

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Petite histoire d'un grand symbole : le monument aux morts (1ère partie)

20.01.2012

rre de 1418
Guerre de 1418
1er août 1914… La France se mobilise ! Les rues des villes et des villages entrent en ébullition. Depuis la défaite de 1870 et l'annexion de l'Alsace/Lorraine par la Prusse, les Français ont le patriotisme à vif. Comme des millions de leurs concitoyens, les Beaussétans ont soif de revanche. Exaltés, motivés, prêts à en découdre comme on peut l'être à 20 ans, des dizaines de conscrits insouciants arpentent les rues de la cité. Le rosé coule à flots…

Quelques jours plus tard, 1.100.000 hommes partis la fleur au fusil et l'enthousiasme en bandoulière sont en ligne ! Parmi eux les mobilisés du Beausset passés sans transition du chant des cigales au fracas du canon. Puis, ce sont les premières offensives et… les premières pertes. Effroyables ! La guerre moderne annonce la couleur. Elle sera rouge sang comme les pantalons et casquettes de toile protections dérisoires des fantassins de la République.

Dès les premiers engagements les mitrailleuses allemandes démontrent leur efficacité. Redoutable ! Elles fauchent les hommes par centaines, par milliers, ligne après ligne, vague après vague, compagnie après compagnie. Braqué sur des schémas tactiques périmés, l'État-Major français ne comprend pas que la guerre a changé de nature.

Pendant ce temps au Beausset la campagne est paisible et les nouvelles sont rares… On est à cent lieues d'imaginer le bilan désastreux des premières batailles. Fin août, c'est avec les ménagements d'usage qu'une première famille apprend la mort de l'être cher : Barthélémy Giuliano, 23 ans, classe 1911, du 27ème bataillon de chasseurs alpins d'Annecy « tué le 20 à Dieuze, Moselle. » Puis, c'est au tour d'un deuxième, d'un troisième, d'un quatrième, et ainsi de suite… Au fil des jours, des semaines et des mois, la liste pathétique des fils, frères, pères ou maris tombés au « Champ d'honneur » s'allonge inexorablement.

Pour les proches des soldats, chaque minute qui passe est synonyme d'angoisse. Le 11 août 1918 disparaît l'une des dernières recrues du village : Rémy Sicard, 28 ans, caporal au 173ème régiment d'infanterie. Quand la guerre prend fin, 84 jeunes et vigoureux Beaussétans ne sont pas revenus, soit 20 pour cent de ceux qui sont partis. Sans compter les blessés, amputés, malades et autres traumatisés. Un lourd tribut pour le modeste village qu'est alors Le Beausset.

Le 1er avril 1917, alors que les combats redoublent d'intensité, le maire Lazare Déprad et son conseil municipal, bouleversés par l'hécatombe, accordent un appui unanime au comité de citoyens qui se propose d'ériger un monument aux morts. Rares à l'époque sont les familles qui ne sont pas endeuillées. Le 11 novembre 1918 enfin, l'armistice, signé à Rethondes, consacre la défaite de l'Allemagne. (A suivre)

Extrait de l'ouvrage de Jacky Laurent « Le Beausset au fil du temps » publié aux éditions Alan Sutton.

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